Alors que les camps politiques Américains semblent de plus en plus divisés, non seulement G.O.P contre Démocrates mais au sein de chacun des partis, voilà que les responsables des stratégies diplomatiques et militaires voient avec une crainte grandissante se profiler une nouvelle perspective: la fin de divisions qui jusqu'ici leur permettait de maintenir au pouvoir leurs différents protégés:
- Le rapprochement des camps différents opposants Pakistanais devenu majoritaires, et le propre rapprochement de ceux-ci avec les chefs de l'armée
- Les contacts de marchands de tapis entre le gouvernement de Kaboul et les Taliban
- les négociations abordées de façon semble-t'il très réaliste entre le Fatah et le Hamas
- Les discussions de plus en plus poussées entre l'Iran, l'Irak et la Turquie
Si la politique de l'actuelle (et en grande partie, de l'ancienne) Administration Américaine se résumait à favoriser un camp et diaboliser l'autre afin d'affaiblir les deux pour maintenir les régions concernées sous l'influence de
Washington, une réelle entente entre les différents conciliateurs laisserait les
USA sans leur habituelle façon de moyen de direction: le levier.
1/Les deux partis opposés à Musharraf ont trouvé en la personne de Gullani désigné nouveau PM, un représentant politique présentable à l'extérieur comme à l'intérieur du pays, y compris aux yeux de l'Etat-Major de moins en moins convaincu de la pertinence qu'il y aurait à maintenir l'actuel Président (moins populaire que Ben Laden!) au pouvoir.
Leur décision de reprendre des pourparlers avec les chefs des tribus de l'Ouest en quasi-sécession, selon un protocole différent, fait craindre à
Washington de se voir retirer l'autorisation -venue bien tardivement- de frapper avec de réels succès dans les provinces du Nord-Ouest.
2/L'incompétence et la gabegie de Karzai et ses acolytes, ses liens anciens et profonds avec les Pashtounes et la perspective de l'offensive très prochaine et vraisemblablement victorieuse des
Taliban à l'Ouest (comme nous l'avions prédit il y a déjà plus d'un an) et non au Sud ou à l'Est, dominés par les combats très durs dans lesquels les forces US affrontent les affiliés d'
Al Qaeda obligent le président Afghan à négocier un modus vivendi avec ses ennemis: les
Taliban sont en effet parfois à une distance si courte de la capitale que la banlieue Ouest leur sert par endroits de caches, dortoirs et arsenaux.
De leur côté, les Américains sont confrontés dans leurs rapports avec leurs alliés à des divisions tactiques, stratégiques et politiques de plus en plus aigües
3/Après l'affront maladroit et brutal qu'a constitué l'autorisation du gouvernement Israelien pour de nouvelles implantations en Cisjordanie Mahmoud Abbas, politicien de faible valeur s'il en est n'a plus guère d'autre choix vu les dissensions menaçantes au sein du Fatah, que de composer avec un Hamas uni qui vient de réussir deux jolis coups : d'une part en faisant connaître ses négociations très soutenues avec
Israel (lesquelles malgré les fanfaronnades d'Ehoud Barak ne concernent pas que la libération du soldat franco-israelien), d'autre part en servant de pont entre Damas et un Hezbollah de plus en plus nationaliste et donc récalcitrant aux choix d'Assad.
Dans la perspective d'une entente des deux factions Palestiniennes, le rêve illusoire de Bush de voir un traité de paix signé avant son départ de la Maison Blanche s'effondrerait, même aux esprits pourtant obstinés du Président et de Dick Cheney. A celà s'ajouterait la possibilité d'une nouvelle démonstration guerrière menée par l'incompétente équipe au pouvoir à Jérusalem.
4/Le jeu Kurde a fini d'épuiser la patience d'
Ankara et Islamabad; la guerre larvée du
pétrole de Kirkouk entre les Kurdes et les Shiites (représentés d'une part par la présidence irakienne et d'autre part par son chef de gouvernement) continue de priver les uns et les autres des énormes ressources que représente un barril à plus de 100$; les incursions Turques menées maintenant au grand jour en
Irak, parallèlement à un échange constant d'informations entre
Ankara et Téhéran d'une part, Téhéran et le gouvernement Maliki d'autre part démontrent que la partie en Mésopotamie se positionne de plus en plus dans l'après-Bush.
De son côté l'
Armée Américaine en
Irak, du fait de ses choix tactiques, voit les intérêts des responsables militaires sur place (parfois au niveau des simples capitaines, très immergés dans la réalité locale) entrer en conflit.
Tout ceci laisse prévoir à assez court terme l'émergence de renversements d'alliances et une recomposition très importante de la carte locale, dans laquelle l'influence Américaine n'aura plus pour se maintenir qu'à espérer un changement radical de la prochaine administration élue en Novembre.
L'influence Occidentale diminuera de toutes façons dans cette région, ce qui va accroître l'inquiétude dans les Etats du Golfe, et en
Inde.
Le monde géopolitique tel que nous le connaissons devrait ainsi subir les changements profonds que nous annoncions (tels Madame Irma) pour 2008.
Juste quand l'économie passe par une période d'instabilité critique*.
*(
Nous réfléchissons d'ailleurs à l'intérêt d'une publication de prospective économique et financière)
Mots-clés : Russie, Russe
Le dernier discours de Wladimir Poutine délivré devant le Conseil d'Etat était un régal pour ceux qui acceptent de regarder le monde vu tel qu'il est de l'autre côté de l'Oural.
Pas une fois n'a été prononcé le nom de Medvedev, pourtant le prochain Président puisque désigné dauphin officiel de l'actuel chef d'Etat, ce qui était le plus clair signal donné que la politique actuelle resterait orientée dans la même direction -et en partie par la même personne.
Depuis que le Président Russe s'est insurgé contre le projet de déploiement de radar et de lance-missiles si près de ses frontières, les Occidentaux font mine de s'offusquer du ton employé par celui dont Bush se vantait autrefois de pouvoir lire l'âme, .
Pourtant les arguments de Poutine sont solides: que feraient les USA si les Russes installaient des bases radar et des lanceurs de missiles au Nicaragua pour se protéger de la Corée du Nord?
Que feraient les Occidentaux si Poutine retirait son pays des différents traités de contrôle de l'arme atomique , comme l'a fait le Président Américain?
Imaginons-nous ce que représente pour les Russes l'éloignement quasi-antagoniste de l'Ukraine (rappelons que les frontières de l'Ukraine sont héritées de l'ex-URSS, qui pour des raisons politiques valables sous Staline comprenait une partie de la Russie, laquelle toujours russophone est farouchement opposée à l'entrée de ce pays en UE)?
En constatant que le rival US équipe et entraîne l'armée Géorgienne en fermant les yeux sur l'élection truquée de Saakashvili, un opportuniste décidé à mettre de l'huile sur le feu entre Américains et Russes afin de se rendre indispensable, au besoin en tuant quelques Ossètes ou Abkhazes, très proches des Russes?
Comment réagirions-nous à sa place en voyant les troupes de l'OTAN se renforcer en Afghanistan, au Japon, dans le Golfe Persique?
Très certainement de façon hystérique.
l'Occident surréagit devant chaque manifestation indépendante d'un pays certes doté de milliers de têtes nucléaires mais qui consacre pour son budget défense moins de la moitié de ce qu'y dépense la France en valeur absolue.
Poutine signifie au monde et surtout aux Russes que l'Ouest ne peut plus dicter à Moscou sa politique.
Le très compétent ancien chef du FSB ne perd pas de vue que la démographie de son pays est en chute libre puisque l'Iran aura le même nombre d'habitants dans 13 ans; que l'espérance de vie masculine est en-dessous de 55 ans, que le vieillissement de la population est au contraire en progression constante et que le système est usé par un manque cruel d'infrastructures. Le fait que le rayonnement et l'influence actuels de la Russie reposent sur ses réserves d'énergie ne garantit aucunement la progression dans un monde où tout bouge.
La fenêtre temporelle au cours de laquelle la Russie peut espérer transformer en profondeur sa résurrection est courte: dans moins de vingt ans il n'y aura tout simplement plus assez de Russes pour entretenir la recherche scientifique, l'armée, les services nationaux de base sur un pays dont on oublie que la superficie est plus du triple de celle de la Chine.
Le Chef de l'Etat est conscient que d'ici 2025, vu la tournure des investissements des deux dernières années en Europe et au Canada, et aujourdhui aux USA, les développements technologiques auront en grande partie permis aux Occidentaux de se passer du gaz et du pétrole grâce auxquels Moscou peut encore faire pression.
Pour l'instant, seul Soyouz est capable d'alimenter et entretenir la station orbitale que l'Europe se décide enfin à assembler avec sérieux.
Donc il faut faire vite, et il ne va pas légitimer l'opposition.
Dans ce même discours, Poutine a regretté l'intensité de la corruption alors qu'il est au pouvoir depuis si longtemps. Étonnant mea culpa ou signe que la Russie ne peut plus tolérer un tel frein à son développement?
L'année à venir est donc cruciale pour la Russie: Poutine doit profiter de la faiblesse actuelle de l'Amérique pour obtenir une contre-partie stratégique. Celle-ci prendra sans doute la forme d'une plus grande présence de la marine de guerre Russe dans des eaux où elle est quasiment bannie aujourd'hui: la Méditerrannée d'abord, l'Océan Indien, la Mer d'Irlande. Des visites d'amitié dans les ports d'Amérique du Sud, au Viet-nam, etc.
Deux nouvelles sont apparues à quelques heures d'intervalles:
- Les USA seraient prêts à signer un contrat de $20 milliards d'armement extrêmement modernes (notamment des missiles guidés par satellite) sous le prétexte de contenir l'Iran.
- Le Hamas a payé les salaires d'environ 10 000 de ses fonctionnaires à Gaza, ceci pour la première fois depuis l'éviction du Fatah.
Il semble que le roi Abdallah soit en train de réussir une partie fine.
D'un côté il se positionne de plus en plus comme un acteur majeur, incontournable et omnidirectionnel, pratiquant une politique de moins en moins dépendante du bon vouloir Américain et parfois carrément en opposition aux ambitions du Président Bush:
- Les accords de la Mecque, au cours desquels il a tenté d'amener les Palestiniens à résoudre leurs conflits et apporté une pleine reconnaissance à la fois au Hamas et à la Syrie (qui protège et abrite Meshal).
- L'aide croissante aux Partis et combattants Sunnites Irakiens, autant sous forme d'armements et appuis logistiques que manoeuvres politiques pour amener l'armée US elle-même, comme dans la province d'Anbar, à fournir armes et protections diverses à des milliers d'hommes qui sont peut-être des ennemis d'Al Qaeda, mais sans aucun doute adversaires des deux alliés US: le gouvernement Maliki et les Kurdes.
- Au minimum une bénédiction à l'entreprise insolite de Fatah al-Islam, destinée à remettre les Sunnites dans le jeu au Liban pour faire face autant au pouvoir actuel qu'à l'influence quasi-prépondérante du Hezbollah (entreprise partiellement ratée du fait de la négligence et de la bêtise arrogante et cruelle des membres du Fatah al-Islam).
- Un silence persistant quant à la participation éventuelle de Riyad aux pourparlers entre les pays Arabes et Israël, seule politique visible de Condoleezza Rice. Chacun sait que ces rencontres Arabo-Israeliennes n'auront aucun sens tant que l'Arabie Saoudite s'abstiendra.
De l'autre, le roi Abdallah pousse l'Administration Bush à confier à son pays le rôle de pôle principal de résistance à "l'expansionnisme Iranien", en y ajoutant l'argument perpétuel de la nécessité de préserver les importantes réserves de
pétrole saoudiennes, seules régulatrices des prix du brut.
Il va sans dire que, même si les contacts officieux se multiplient entre Tel-Aviv et Riyad,
Israël ne peut que s'inquiéter de cette montée en puissance du royaume Wahabite, d'autant que les Américains eux-mêmes sont de plus en plus frustrés par le comportement du roi dont il est patent qu'ils ne parviennent plus à anticiper les mouvements.
Lesquels mouvements devraient rapidement modifier la carte en amenant les autres à s'y adapter, ainsi de l'Egypte entre autres, dont Moubarak a modifié l'attitude, maintenant plus favorable au Hamas
L'éviction complète des milices mafieuses ou ouvertement collaboratrices qu'étaient devenues les branches du Fatah dans la bande de Gaza fait qu'aujourd'hui le Hamas est de fait placé en position d'interlocuteur direct de Tel-Aviv.
Cette situation, souhaitée par plusieurs responsables du Shin Beth et d'autres experts de la région peut paradoxalement faire avancer les choses, malgré les gesticulations erratiques autour du président palestinien
.
La décision prise par Abbas sur les conseils pressants d'une Condoleezza Rice (elle-même pressée ar le clan Cheney-Abrams) qui ne voit décidément rien venir, de former un nouveau gouvernement (quelque soient les qualités de Salam Fayyad qui lui aussi aurait dû s'abstenir) est en effet hâtive et mauvaise.
- Elle est illégale car le Président n'en a pas le pouvoir
- Sur le plan interne, Abbas ne peut pas se permettre de faire comme s'il se désintéressait du million et demie d'habitants de Gaza
- Politiquement car il ne peut pas ignorer le Hamas, toujours là malgré le boycott occidental, les assassinats ciblés d'Israël et les détournements des mignons de Dahlan: le président de l'AP se doit de rester dans le jeu.
Le pragmatique Haniyeh a prouvé sa capacité à tenir la population en dépit des multiples obstacles placés sur sa route. Il doit maintenant prouver qu'il contrôle ses forces armées.
Mohammed Dahlan, autrefois rival brillant de Bargoutti dont il fit tout pour empêcher la libération n'était plus qu'un seigneur véreux, cruel et tactiquement inefficace malgré les sommes investies sur lui par
Washington . Il tentera forcément un retour, et commencera par l'élimination du Hamas en Cisjordanie: parions qu'il n'y parviendra pas.
L'appel, par la faction dure du Hamas (Mechaal, depuis Damas) à respecter la villa d'Abbas à Gaza qui le considère toujours officiellement comme le Président est un signal clair adressé au monde.
Un signal sans doute inspiré par Riyad, qui place le roi Abdallah en position de plus en plus avancée dans la partie, et qui dit ceci: le Hamas est aussi légitime qu'Abbas et demeurera légaliste. L'
Arabie Saoudite veut l'ordre et la paix et considère que le recours aux Palestiniens corrompus est désormais à proscrire.
Les déclarations de Tzipi Livni disant qu'il "
s'agissait d'une affaire interne Palestinienne" vont dans le même sens.
Aussi, si d'un côté on a des leaders brouillons comme Abbas, Olmert et Bush, de l'autre certains responsables gardent leur sang-froid et démontrent une bonne capacité d'analyse. Ils pourraient transformer cet épisode en étape constructive.
La libération du journaliste de la BBC,Johnston, sera un premier test visible du contrôle qu'exercera le Hamas sur le territoire.
Un autre test sera la capacité du Hamas et des Israeliens à dialoguer, ce qu'ils font déjà et feront à un autre niveau: l'intermédiaire retenu sera un élément déterminant, qui orientera certainement les perspectives.
La contre-proposition offerte par le Président Russe au sommet du G8 conforte cet article publié précédemment.
Si l'on parle des missiles, on tente en effet de ne faire modifier que le radar, en suggérant de lui substituer un radar d'alerte, ce qui n'a aucun intérêt dans un cadre de lutte anti-missile.
Les Russes entendent faire savoir qu'ils ne sont pas dupes: le radar Américain en projet d'installation en Tchéquie possède plusieurs qualités particulières, notamment:
- Il est extrêmement évolutif: entre aujourd'hui et le moment où on l'installera, il aura subi des mises à jour considérables, qui ne cesseront pas une fois inauguré. Ces améliorations invisibles de l'extérieur permettront notamment un élargissement croissant de son usage et une étendue ininterrompue de sa portée.
- Sa nature de guidage et surveillance permettrait à tout le système anti-missile basé sur le territoire US de n'être consacré qu'à l'interception
- Il offrirait un palier intermédiaire de rétaliation unilatéral, puisque les Russes pourraient nucléariser cette partie d'Europe sans pour autant s'en prendre à l'Amérique. Contrairement à la graduation classique militaire, l'avantage en guerre nucléaire dissuasive devrait, en cas d'inégalité, aller à celui qui n'a pas de palier.
Ils démontrent aussi leur conscience de ce à quoi ce radar ne servirait pas: protéger l'
Europe (et accessoirement
Washington) d'une attaque nucléaire Iranienne. Un tir balistique de Téhéran vers les
USA passerait nécessairement au-dessus de la
Russie, à moins de devoir musarder.
Ce qui laisse ouverte une autre perspective d'emploi: l'emploi occasionnel du radar par une tierce puissance (on devine laquelle) pour le guidage de missiles vers différentes cibles, dont l'
Iran certes, mais pas seulement. Au moins un autre pays Musulman d'importance serait ciblé, le
Pakistan.Voire les autres pays ayant manifesté leur intention de se nucléariser, tels l'
Arabie Saoudite, l'Egypte..
Sans oublier une flotte sous-marine Chinoise en pleine accélération, chargée d'empêcher l'arrivée de porte-avions en cas de conflit sino-Américain.
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