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prospective
Ce site ne commente pas les actualités mais tente d'en anticiper les conséquences.
Perceptives Perses
Après avoir vu les diverses données qui mèneraient à un conflit armé contre l'Iran, il semble nécessaire à présent de remettre en perspective la place et le rôle de ce pays central dans la stratégie mondiale en général, et occidentale en particulier.
Dans ce chapitre, nous verrons simplement les aspects actuels de la situation
L'Iran ne devrait pas être considéré comme un pays hostile.
Le Pouvoir
Le régime intégriste, corrompu et inefficace qui le gouverne actuellement ne doit pas cacher plusieurs réalités moins caricaturales.
Tout d'abord, et même si les différents conseils de surveillance ont éliminés d'office les candidats vraiment réformateurs, c'est un régime élu.
Les taux de participation électorale n'ont rien à envier à ceux de pays européens, par exemple, et ne sont pas les simagrées démocratiques de pays comme le Khazakstan ou l'Ouzbékistan, nations soumises à des dictateurs ubuesques mais pourtant courtisés par l"Occident.
L'argument "anti-démocratique" ne peut pas non plus être utilisé contre Téhéran si l'on songe à la nature des régimes Saoudiens, Egyptiens, Pakistanais, Géorgiens ou Afghans sur lesquels l'Occident (également auto-nominé "communauté internationale") s'appuie.
L'atome Perse
L'argument du non-respect du Traité contre la diffusion de l'armement nucléaire est juridiquement fondé, mais pas encore prouvé.
Fondé à cause des difficultés et mensonges iraniens face aux contrôles de l'AIDEA.
Pas prouvé car pour l'instant aucun élément déterminant ne permet d'assurer que Téhéran travaille à l'établissement d'une chaîne d'armement nucléaire.
Pour autant, on attend encore que l'AIDEA se montre aussi déterminé au Pakistan dont on vient à peine de dévoiler un secret de polichinelle, à savoir que le père de la bombe Pakistanaise (également géniteur de la Nord-Coréenne et de la mort-née Lybienne) a diffusé sur le Net et ailleurs les moyens de fabriquer de petits engins atomiques.
Un Pakistan qui, comme Israël ou l'Inde, continue d'observer la plus parfaite opacité sur son statut et ses moyens de puissance nucléaire.
A la différence des autres, Islamabad est un Etat sans véritable tête, qui voit aujourd'hui la talibanisation interne s'étendre au point où l'Armée va devoir très vite choisir son camp, faute de quoi une intervention extérieure massive se "justifierait" largement plus que sur l'Iran.
Iran et terrorisme
L'accusation "soutien aux terroristes" demande à être examiné avec attention: du point de vue d'un pays dont les intérêts, appréciations et menaces stratégiques sont très différentes de l'Occident, l'aide au Hezbollah se justifie par le besoin de faire porter la menace (et la rétaliation) sur un territoire éloigné du sien; elle permet aussi de peser sur les régimes Arabes adverses (c-à-d à peu près tous, hormis la Syrie) et d'aider une communauté qui partage la spécificité d'appartenir à la minorité shiite dont on oublie trop souvent qu'elle fut et reste en grande partie méprisée et exploitée par la majorité sunnite.
Enfin, le Hezbollah a prouvé sa capacité à demeurer intègre, parfaitement organisé et demeure jusqu'à présent la seule entité musulmane à avoir tenu tête à Israël.
Rayonnement
Ces qualités sont considérables pour le monde (et surtout les masses)Islamique, qui voit depuis 60 ans la communauté internationale faire grand cas de paix, justice et liberté mais d'une part considère comme allié et démocratique Israël, lequel bafoue un grand nombre de résolutions de l'ONU , pratique souvent une politique discriminatoire et systématiquement la punition collective (interdite par la Convention de Genève), un Occident qui d'autre part défend des autocraties corrompues interdisant tout débat politique réel.
S'y ajoute l'épisode navrant de la non-reconnaissance occidentale du résultat des élections Palestiniennes en faveur du Hamas.
L'Iran joue sur du velours devant les sentiments "deux poids deux mesures" et l'hypocrisie répétée du langage européen, lénifiant au point d'en devenir abstrait.
Une hypocrisie qui va jusqu'à faire assimiler l'Iran à Al Qaeda par des politiciens Américains (encore récemment, McCain) alors que ces deux entités se haïssent, et que Téhéran a aidé (et avait proposé de faire beaucoup plus) l'Amérique au moment de l'attaque contre les Taliban, ennemis jurés des Perses.
Ceci pour les aspects stratégiques conjoncturels du rapport Occident/Iran.
Nous verrons ensuite la réalité stratégique intrinsèque du monde Perse et pourquoi il faut apaiser les rapports avec ce pays, en attendant un changement de régime.
comment augmenter le prix du pétrole
"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"
Alfred de Musset
Depuis des semaines, les signes de tension grave à l'encontre de l'Iran se multiplient: manoeuvres Israeliennes impliquant une centaine de chasseurs-bombardiers et leurs ravitailleurs en vol, délaration extrêmement violente de Shaul Mofaz (ex-chef d'état-major Israelien) sur "l'inévitabilité" d'une attaque, rumeurs savamment distillées selon lesquelles G.W.Bush aurait donné son feu vert à E.Olmert lors de leur dernière entrevue, discours dramatisé de N.Sarkozy à la Knesset... A quoi l'on peut ajouter l'intéressant article du chef du Foreign Office, Mr. Miliband, appelant les deux camps à une modération réciproque.
Les partisans de la théorie du complot (presque une institution aux USA) s'alarment: Bush et Dick Cheney auraient décidé de finir en beauté et, en démarrant une guerre incontrôlable juste avant les élections, de s'offrir soit une prolongation non prévue par la Constitution, soit favoriser l'élection d'un McCain qui serait alors entouré des pires va-t'en-guerre Républicains au détriment d'un Obama jugé trop mou et qui, depuis deux semaines, additionne les déclarations macho et inexactes pour montrer qu'il saurait être un commandant en chef.
Les modérés sur ce dossier (Allemagne, Espagne, Angleterre, Chinois, Russie), voire les Turcs qui ont entamé des manoeuvres militaires communes anti-PKK avec l'Iran ne font aucun commentaire public, mais on peut imaginer qu'ils mettent en avant, avec raison, tous les arguments pour faire baisser la tension.
Que se passerait-il si les Israéliens -avec l'assistance des satellites et de la logistique Américains-, frappaient des objectifs jugés nucléaires en Iran?
- Tout d'abord, ils ne pourrraient les détruire tous puisque ceux-ci sont disséminés sur plusieurs dizaines de sites dont certains très profondément enterrés (on a vu lors de l'invasion de l'Irak que les fameuses bombes à pénétration souterraine américaines n'étaient pas si efficaces que çà).
- Cela ne ferait que retarder l'achèvement du programme Iranien, et renforcer la détermination de Téhéran de posséder la bombe.
- Politiquement, alors que des élections se profilent, il est certain qu'une agression extérieure profiterait aux éléments iraniens les plus conservateurs, et sans doute à l'actuel Président pourtant en situation de faiblesse.
- Militairement les Iraniens, qui ont prouvé à la fois leur savoir-faire et leur courage, n'hésiteraient pas à employer la stratégie mise au point durant la guerre avec l'Irak et considérablement améliorée depuis: l'emploi de vedettes ultra-rapides, par essaim de plusieurs dizaines pour attaquer porte-avions, destroyers et tankers occidentaux pris dans la nasse du Golfe Persique. Certaines de ces vedettes seraient à n'en pas douter utilisées en kamikaze.
- Enfin, il suffirait de couler un supertanker près du Détroit d'Ormuz pour verrouiller l'accès, enfermant pour longtemps deux flottes US, deux flotilles européennes et quantité de pétroliers.
Les conséquences au niveau mondial seraient immédiates et dramatiques, en dehors de tout dérapage militaire subséquent tel que l'implication directe des forces Américaines ou l'embrasement du Liban:
Le prix du baril de pétrole passerait instantanément non pas à 200 mais plutôt à 300 dollars, avec les conséquences que l'on imagine sur l'économie mondiale.
Ni la Chine, ni l' Inde ni l'UE ne pourraient le tolérer. Même la Russie dont pourtant les revenus pétroliers ne feraient qu'augmenter se trouverait en situation vulnérable car un conflit armé en Iran ne manquerait pas de l'impliquer.
Pourtant, sachant celà, certains hommes politiques continuent d'envisager cette option, certains officiers supérieurs (principalement les responsables de l'aviation Israelienne et Américaine, pas encore convaincus que l'attaque aérienne ne suffit pas à résoudre un problème politique) continuent de prétendre que deux des meilleures armées du monde peuvent amener un pays tel que l' Iran à genoux.
une stratégie à la Galliéni
Maintenant que le Livre Blanc de la Défense Française a été publié, il est loisible sans carte de presse ou accréditation officielle de faire quelques observations, tout en reconnaissant que la France ne peut plus mener à elle seule un certain nombre de ses missions traditionnelles et qu'une partie de ses personnels n'avaient plus leur place.
De ce point de vue, la baisse des effectifs peut être menée sans trop de dommages, à condition d'être bien pensée....
- La première des observations est que la part du budget de la Défense va baisser jusqu'à 2% alors que seules la France et l'Angleterre menaient jusqu'ici une politique conforme à la montée des instabilités et basculements mondiaux et alors que les budgets de défense Russe et Chinois prévoient des augmentations à trois et deux chiffres respectivement .
- La deuxième est que le discours officiel du Président de la République, selon lequel la rentrée pleine et entière de la France dans l'OTAN doit s'accompagner d'une montée en puissance de la défense européenne commune alors que son budget baisse paraît du coup vide de sens, ce qui est une faute stratégique.
- La troisième est que l'attention des Armées semblerait devoir se porter désormais plus ou moins autour du Golfe (implantation à haut risque au Qatar), vraisemblablement pour assurer la sécurité des approvisionnements en hydrocarbures.
On peut sérieusement se demander si cette réorientation est judicieuse. On peut aussi se demander si le moment est bien choisi: l'Ouest de l' Afrique et particulièrement le Golfe de Guinée révèlent d'importantes promesses en pétrole, et les routes de l'Amérique du Sud, de l'Arctique et de l'Antarctique vont devenir des enjeux stratégiques militaires, commerciaux et économiques majeurs pour l' Europe dans les 5 à 10 ans à venir.
On peut s'étonner que la France lâche la partie Africaine où elle détenait des atouts (ce qui n'empêchait pas de retirer son soutien à certains dictateurs) au moment où l'Amérique s'y impose de plus en plus face à la crainte que lui pose la Chine, et d'autre part tente de s'installer dans un territoire déjà saturé par les forces armées Américaines, au point où leur taille leur devient un problème (sans parler des effets antagonistes induits auprès des populations locales).
- La quatrième observation concerne évidemment l'effort bienvenu mis sur le renforcement des moyens de renseignement.
La volonté de mise en chantier de satellites de type Hélios de nouvelle génération n'est pas clairement proclamée, mais l'augmentation des dotations en matériel de surveillance et d'interception de données vient à point.
Outre que les conflits par cyber-attaque font désormais partie des scenario très plausibles de prise de contrôle d'un pays par un autre, des attaques larvées et différentes sortes de test ayant déjà été menés avec plus ou moins de succès par plusieurs pays (et pas seulement Taïwan et la Chine), on ne peut s'empêcher pourtant de soupçonner le pouvoir politique de vouloir mettre au point un certain nombre de mesures propres à prendre d'assaut le pays civil. C'est classique, comme l'emploi des chars en situation insurrectionnelle.
quelques doutes
Toutes les études internationales - et tout récemment la très fiable Pew- indiquent que le monde s'attend à une améliioration des relations du monde avec l'Amérique du Nord, et vice-versa (la même étude Pew place d'ailleurs la Chine en position de superpuissance unique de remplacement dans une assez forte porportion chez les sondés de 24 pays).
Depuis un an même, résultante de l'intérêt qu'a suscité dans le monde la campagne Américaine des primaires, l'image des USA aurait légèrement remonté, un facteur dû principalement à l'idée généralement admise que le départ de l'actuel occupant de la Maison Blanche ne peut qu'être positf (sous-entendu: même les Américains ne pourraient trouver un président pire que ce 43ème exemplaire).
Les principaux domaines dans lesquels on attend de l'un ou l'autre des candidats une amélioration probante sont, dans le désordre:
- la lutte contre le réchauffement climatique
- la guerre en Irak
- la guerre en Afghanistan
- le conflit Israelo-Palestinien
- un meilleur contrôle de l'économie américaine, dont les hauts et les bas influent sur le reste du monde
- une régulation des finances, dans l'espoir que certains mouvements spéculatifs ne puissent mettre en danger le soi-disant équilibre mondial, notamment sur les matières premières
- le redémarrage d'une Amérique plus conviviale, inventive et généreuse.
Ceci nous semble peu réaliste.
D'abord, parce que même si le pouvoir d'un Président des Etats-Unis d'Amérique est immense, les dégâts causés par son ou ses prédécesseurs ne sauraient être effacés d'un coup de balai: la haine et le sentiment d'injustice initiés chez un enfant ou adolescent peut durer bien au-dela des actions, si vertueuses soient-elles, de ses successeurs. Il en est de même pour une population, un pays, un continent.
Ensuite, parce que quelles que soient les incompétences, préjugés, illusions, ignorance, corruption d'esprit ou calculs mesquins d'un Président, il faut bien admettre que le Président Bush a été suivi par ses compatriotes parfois avec fanatisme, souvent avec enthousiasme, quelquefois avec résignation ou lâcheté.
Il faut se souvenir que si le débat politique a été intense, que de nombreuses voix de la société civile (et même de certains officiers en retraite), la classe politique dans son ensemble a voté pour la guerre en Irak et, (presque pire encore) pour le Patriot Act, une loi qu'on ne peut qualifier que totalitaire permettant tous les débordements discriminatoires et inquisiteurs possibles.
Il convient de se rappeler que la presse Américaine n'a commencé à fouiller dans les invraisemblances des déclarations présidentielles et vice-présidentielles, dans les comportements peu clairs de membres éminents de la Maison Blanche, qu'au moment de l'affaire Plame, cette femme membre de la CIA et épouse de l'Ambassadeur Wislon que l'on avait voulu punir pour avoir dit clairement que Saddam Hussein n'avait jamais contacté le Niger pour lui acheter de l'uranium.
Il faut surtout se souvenir que cePrésident manipulateur, menteur, incompétent et diviseur a été réélu.
Bref, une fois Bush parti, resteront des dizaines de millions d'Américains peu gênés par Guantanamo, par les massacres et tortures en Irak, par les inombrables dommages collatéraux en Afghanistan et par la diabolisation du Hamas, mouvement démocratiquement élu, ou indifférents à l'utilisation pourtant interdite de munitions américaines à retardement sur des populations civiles par l' armée Israelienne lors de la guerre du Liban.
Mais tout çà, n'est-ce pas, c'est le passé.
Réjouissons-nous.
Alors pourquoi l'assurance de l'arrivée d'un nouveau Président ne nous rassure-t'elle pas plus?
La récente déclaration du Sénateur Obama devant l'organisation pro-Israelienne la plus influente selon laquelle il défendrait avec vigueur et détermination la permanence du statut de Jérusalem comme capitale de l'Etat d' Israel est quelque peu troublante.
D'abord parce que presque tous les pays du monde, y compris les USA, ne reconnaissent pas le statut de capitale à Jérusalem, mais à Tel-Aviv.
Ensuite parce que c'est justement une des revendications majeures des Palestiniens que d'instaurer à Jerusalem-Est ce statut pour leur propre futur Etat.
Enfin parce que le message envoyé aux pays arabes est on ne peut plus décourageant: pour eux, plus la politique américaine change, et plus c'est la même chose.
Le Sénateur MacCain, pour sa part, n'a pas manqué récemment de commettre une nouvelle preuve de ce que pour lui les musulmans sont tous à mettre dans le même panier en déclarant en direct que Ben Laden était l'allié de l' Iran. Même si, toujours en direct, un assistant est venu lui souffler que Ben Laden nourrissait à l'égard des chiites une haine égale à celle qu'il cultive pour les juifs, ça faisait beaucoup dans la même journée de la part des futurs maîtres de la Maison Blanche.
Enfn, à nous de choisir.
Comment faire monter la sauce
Mots-clés : Japon
Le bruit médiatique considérable fait autour du calvaire de la torche Olympique dans son périple l'amenant à Pékin est-il seulement le fait d'une revendication pro-Tibétaine?
La Chine, qui se plaint d'être injustement vilipendée, en souffre-t'elle autant qu'elle le laisse paraître?
Nous aurions tendance à répondre par la négative à ces deux questions.
Points de vue hors Chine
- Quelle que soit la sympathie que l'on puisse éprouver pour le Dalaï-lama et les Tibétains, un certain nombre de disproportions entre les agitations diverses prises en leur faveur et le silence sur d'autres causes tout aussi humanitaires (les Ouïgours, les expropriations massives de paysans, la misère alimentaire d'environ 100 milions de Chinois, la catastrophe écologique du barrage des Trois Gorges) ou territoriales (les îles Paracelses par exemple), laisse perplexe.
Pour autant qu'on sache, l'ancien régime du Dalaï-lama n'était rien d'autre qu'un vestige de ces théocraties bénéficiant à un clergé passéiste généralement condamnées par les démocraties.Aujourd'hui, c'est surtout l'aspect culturel au sens profond qu'il convient de défendre.
Sans parler des innombrables erreurs politiques du Dalaï-lama (de ses anciennes amitiés pour un colonel SS à celle, récente et affichée, d'un Président Bush particulièrement belliciste et inégalitariste), il convient de se souvenir que la situation qui est celle du Tibet n'a rien de nouveau (48 ans) et que la répression y fut il n'y a pas dix ans autrement plus sanguinaire
Dans un second test, les Occidentaux ont usé de la crise des élections au Zimbabwe pour faire pression sur Pékin dont un bateau s'apprêtait à livrer un important chargement d'armes au régime ubuesque et criminel de Mugabe (assez finement, les Chinois ont refusé de tomber dans le piège, annulé la livraison et délivré un message de flexibilité inattendue que les nombreux admirateurs de Sun Tsu à Washington ont dû apprécier).
Enfin, comme par hasard et fort opportunément, la Jane's publie des photographies de la construction de la base navale de Hainan, qui serait dévolue aux sous-marins nucléaires lance-engins.
Une partie de la presse Occidentale s'enflamme ou va le faire illico.
S'il est un fait qu'une telle base permettrait à Pékin d'envoyer et recueillir ses SNLE en toute discrétion, considérant les profondeurs marines immédiates, il n'en est pas moins vrai que l'Occident en est averti depuis longtemps.
Cette base, en outre, n'est qu'à 500 km environ d'une base marine géante que les Américains mettent sur pied au Vietnam, adversaire discret mais résolu de la Chine.
On peut donc considérer qu'il existe de fait une montée de la manipulation anti-chinoise.
Tactique à la Pékinoise
- De son côté, Pékin a utilisé avec une adresse consommée les images du monde entier montrant une Chine attaquée -parfois avec une grande grossièreté selon les codes asiatiques de bienséance-, pour suralimenter ce qui va bientôt devenir un élément puissant dans l'équilibre stratégique mondial: un nationalisme Chinois exacerbé.
Ce réflexe d'auto-défense doit servir à prolonger au-delà des Jeux de Pékin un nationalisme poussé jusqu'au chauvinisme le plus monolithique.
Le Parti Communiste et l'équipe au pouvoir vont être ainsi à même d'y puiser l'unanimisme nécessaire à leur stratégie pour les années prochaines, stratégie de montée en puissance bien sûr, et de défis.
Que ce soit dans la perspective d'une invasion de Taïwan déjà évoquée ici et ailleurs à de multiples reprises, dans la consolidation de son occupation de fait des Paracelles dont l'intérêt est considérable à l'échelle stratégique (et peut-être énergétique, si les espoirs d'hydrocarbures se matérialisent) ou plus simplement dans la réalisation, fondée du point de vue Chinois, d'atteindre un niveau de puissance équivalent à celui de sa population et de son futur poids économique, l'heure n'est en effet pas à la contestation intérieure.
Or celle-ci pourrait venir, irriguée par la menace d'une crise des matières premières adjointe à la récession occidentale, principalement Américaine, qui la priverait non seulement du flux de devises étrangères mais surtout de la croissance économique et sociale, à l'heure où celle-ci dépend encore trop des exportations.
Lorsque la consommation intérieure (et donc la constitution d'une classe moyenne massive) sera non seulement lancée mais surtout mieux répartie sur le territoire (et pas uniquement au Sud et Sud-Est), les autorités Chinoises seront alors plus rassurées, et la Chine définitivement éveillée.
On peut donc considérer que le pouvoir en Chine a besoin de cette tension, notamment autour des Jeux Olympiques.
De chaque côté se sont amoncelées tant de contradictions entre les intérêts tactiques partagés et les conflits stratégiques à venir que l'on a oublié qu'il existait une boîte de Pandore à ne pas ouvrir: celle du sentiment nationaliste d'un pays qui ne s'est pas appelé "L'Empire du Milieu" par coquetterie..
Tous ceux qui sont allés en Chine ou ont eu affaire avec ce pays fascinant savent pourtant qu'un milliard et demi d'habitants relayés par quelques dizaines de millions d'expatriés à travers le monde ne sauraient être bafoués sans qu'il n'en résulte des dégâts, au moment même où la société atteint un niveau GINI et IDH cardinal.
Le premier dégât est que les Droits de l'Homme vont subir une importante défaite en Chine.
Un sentiment d'antagonisme fort qui perdurerait entre l'Occident et la Chine ne servirait personne.
Pas même le Japon, l'Inde, la Corée ou le Vietnam, dont on verra bientôt qu'il ont une importante partie à jouer (ou à perdre).
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