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Ce site ne commente pas les actualités mais tente d'en anticiper les conséquences.



 Défense: un livre plus blanc que clair

une stratégie à la Galliéni

Maintenant que le Livre Blanc de la Française a été publié, il est loisible sans carte de presse ou accréditation officielle de faire quelques observations, tout en reconnaissant que la France ne peut plus mener à elle seule un certain nombre de ses missions traditionnelles et qu'une partie de ses personnels n'avaient plus leur place.
De ce point de vue, la baisse des effectifs peut être menée sans trop de dommages, à condition d'être bien pensée....

  • La première des observations est que la part du budget de la va baisser jusqu'à 2% alors que seules la France et l'Angleterre menaient jusqu'ici une politique conforme à la montée des instabilités et basculements mondiaux et alors que les budgets de et Chinois prévoient des augmentations à trois et deux chiffres respectivement .
  • La deuxième est que le discours officiel du Président de la République, selon lequel la rentrée pleine et entière de la France dans l' doit s'accompagner d'une montée en puissance de la européenne commune alors que son budget baisse paraît du coup vide de sens, ce qui est une faute stratégique.
  • La troisième est que l'attention des Armées semblerait devoir se porter désormais plus ou moins autour du Golfe (implantation à haut risque au Qatar), vraisemblablement pour assurer la sécurité des approvisionnements en hydrocarbures.
On peut sérieusement se demander si cette réorientation est judicieuse. On peut aussi se demander si le moment est bien choisi: l'Ouest de l' et particulièrement le Golfe de Guinée révèlent d'importantes promesses en , et les routes de l'Amérique du Sud, de l'Arctique et de l'Antarctique vont devenir des enjeux stratégiques militaires, commerciaux et économiques majeurs pour l' dans les 5 à 10 ans à venir.

On  peut s'étonner que la France lâche la partie Africaine où elle détenait des atouts (ce qui n'empêchait pas de retirer son soutien à certains dictateurs) au moment où l'Amérique s'y impose de plus en plus face à la crainte que lui pose la , et d'autre part tente de s'installer dans un territoire déjà saturé par les forces armées Américaines, au point où leur taille leur devient un problème (sans parler des effets antagonistes induits auprès des populations locales).
  • La quatrième observation concerne évidemment l'effort bienvenu mis sur le renforcement des moyens de renseignement.
La volonté de mise en chantier de satellites de type Hélios de nouvelle génération n'est pas clairement proclamée, mais l'augmentation des dotations en matériel de surveillance et d'interception de données vient à point.
Outre que les conflits par cyber-attaque font désormais partie des scenario très plausibles de prise de contrôle d'un pays par un autre, des attaques larvées et différentes sortes de test ayant déjà été menés avec plus ou moins de succès par plusieurs pays (et pas seulement et la ), on ne peut s'empêcher pourtant de soupçonner le pouvoir politique de vouloir mettre au point un certain nombre de mesures propres à prendre d'assaut le pays civil. C'est classique, comme l'emploi des chars  en situation insurrectionnelle.

 Haro sur la Chine

Comment faire monter la sauce

Mots-clés :

Le bruit médiatique considérable fait autour du calvaire de la torche Olympique dans son périple l'amenant à est-il seulement le fait d'une revendication pro-Tibétaine?
La , qui se plaint d'être injustement vilipendée, en souffre-t'elle autant qu'elle le laisse paraître?

Nous aurions tendance à répondre par la négative à ces deux questions.

Points de vue hors
- Quelle que soit la sympathie que l'on puisse éprouver pour le Dalaï-lama et les Tibétains, un certain nombre de disproportions entre les agitations diverses prises en leur faveur et le silence sur d'autres causes tout aussi humanitaires (les Ouïgours, les expropriations massives de paysans, la misère alimentaire d'environ 100 milions de Chinois, la catastrophe écologique du barrage des Trois Gorges) ou territoriales (les îles Paracelses par exemple), laisse perplexe.
Pour autant qu'on sache, l'ancien régime du Dalaï-lama n'était rien d'autre qu'un vestige de ces théocraties bénéficiant à un clergé passéiste généralement condamnées par les démocraties.Aujourd'hui, c'est surtout l'aspect culturel au sens profond qu'il convient de défendre.
Sans parler des innombrables erreurs politiques du Dalaï-lama (de ses anciennes amitiés pour un colonel SS à celle, récente et affichée, d'un Président Bush particulièrement belliciste et inégalitariste), il convient de se souvenir que la situation qui est celle du Tibet n'a rien de nouveau (48 ans) et que la répression y fut il n'y a pas dix ans autrement plus sanguinaire
Dans un second test, les Occidentaux ont usé de la crise des élections au Zimbabwe pour faire pression sur dont un bateau s'apprêtait à livrer un important chargement d'armes au régime ubuesque et criminel de Mugabe (assez finement, les Chinois ont refusé de tomber dans le piège, annulé la livraison et délivré un message de flexibilité inattendue que les nombreux admirateurs de Sun Tsu à ont dû apprécier).
Enfin, comme par hasard et fort opportunément, la Jane's publie des photographies de la construction de la base navale de Hainan, qui serait dévolue aux sous-marins nucléaires lance-engins.
Une partie de la presse Occidentale s'enflamme ou va le faire illico.
S'il est un fait qu'une telle base permettrait à d'envoyer et recueillir ses SNLE en toute discrétion, considérant les profondeurs marines immédiates, il n'en est pas moins vrai que l'Occident en est averti depuis longtemps.
Cette base, en outre, n'est qu'à 500 km environ d'une base marine géante que les Américains mettent sur pied au Vietnam, adversaire discret mais résolu de la .
On peut donc considérer qu'il existe de fait une montée de la manipulation anti-chinoise.

Tactique à la Pékinoise
- De son côté, a utilisé avec une adresse consommée les images du monde entier montrant une attaquée -parfois avec une grande  grossièreté selon les codes asiatiques de bienséance-, pour suralimenter ce qui va bientôt devenir un élément puissant dans l'équilibre stratégique mondial: un nationalisme Chinois exacerbé.
Ce réflexe d'auto- doit servir à prolonger au-delà des Jeux de un nationalisme poussé jusqu'au chauvinisme le plus monolithique.
Le Parti Communiste et l'équipe au pouvoir vont être ainsi à même d'y puiser l'unanimisme nécessaire à leur stratégie pour les années prochaines, stratégie de montée en puissance bien sûr, et de défis.
Que ce soit dans la perspective d'une invasion de déjà évoquée ici et ailleurs à de multiples reprises, dans la consolidation de son occupation de fait des Paracelles dont l'intérêt est considérable à l'échelle stratégique (et peut-être énergétique, si les espoirs d'hydrocarbures se matérialisent) ou plus simplement dans la réalisation, fondée du point de vue Chinois, d'atteindre un niveau de puissance équivalent à celui de sa population et de son futur poids économique, l'heure n'est en effet pas à la contestation intérieure.
Or celle-ci pourrait venir, irriguée par la menace d'une crise des matières premières adjointe à la récession occidentale, principalement Américaine, qui la priverait non seulement du flux de devises étrangères mais surtout de la croissance économique et sociale, à l'heure où celle-ci dépend encore trop des exportations.
Lorsque la consommation intérieure (et donc la constitution d'une classe moyenne massive) sera non seulement lancée mais surtout mieux répartie sur le territoire (et pas uniquement au Sud et Sud-Est), les autorités Chinoises seront alors plus rassurées, et la définitivement éveillée.

On peut donc considérer que le pouvoir en a besoin de cette tension, notamment autour des Jeux Olympiques.

De chaque côté se sont amoncelées tant de contradictions entre les intérêts tactiques partagés et les conflits stratégiques à venir que l'on a oublié qu'il existait une boîte de Pandore à ne pas ouvrir: celle du sentiment nationaliste d'un pays qui ne s'est pas appelé "L'Empire du Milieu" par coquetterie..
Tous ceux qui sont allés en ou ont eu affaire avec ce pays fascinant savent pourtant qu'un milliard et demi d'habitants relayés par quelques dizaines de millions d'expatriés à travers le monde ne sauraient être bafoués sans qu'il n'en résulte des dégâts, au moment même où la société atteint un niveau GINI et IDH cardinal.
Le premier dégât est que les Droits de l'Homme vont subir une importante défaite en .
Un sentiment d'antagonisme fort qui perdurerait entre l'Occident et la ne servirait personne.
Pas même le , l', la Corée ou le Vietnam, dont on verra bientôt qu'il ont une importante partie à jouer (ou à perdre).

 Un tiens veut dire que trois tu l'auras (suite et fin)

Avec ou sans Musharraf

EDIT: une fausse manoeuvre a empêché cet article d'être publié hier: mille excuses

Musharraf n'a plus beaucoup d'options devant lui.

Obéissant à la panique et à une méconnaissance profonde de la réalité du pays après avoir naïvement cru que l'état d'urgence destiné à renouveler la Cour Suprême suffirait, il a cru qu'un coup de violence policière suffirait à calmer les protestations internes.
La fronde spectaculaire des avocats a changé la donne: l'image de centaines d'hommes de loi en costume-cravate brutalisés ne passe pas dans un pays comme l'Amérique où le Droit est primordial.
Le nouveau revirement de Buttho, prête à s'allier aux autres partis politiques indique que l'ancienne Premier Ministre a saisi l'ampleur des dégâts: alors qu'une association avec le général était possible il y a seulement douze jours, elle risque de tout perdre par une mésalliance.
L'Etat-Major peut aussi se demander si l'opportunisme bien connu de la patronne du PPP n'indique pas qu'elle aurait reçu des assurances de ?
Bref, l'angoisse ne fait que monter autour du général-président, qui a de plus commis l'erreur de procéder à l'échange -soldats au même moment.
Tout aujourd'hui se résume à la question: Musharraf, humilié, va t'il rester au pouvoir?

Pervez Musharraf insiste
Il peut espérer jouer le pourrissement.
Sachant que Buttho ne peut risquer un meeting dans la rue sous peine d'attentat-carnage, le chef de l'Etat devrait tenter de reprendre des négociations avec elle, en lui accordant de plus grandes concessions.
Il peut saisir l'opportunité éventuelle bien pratique d'un attentat pour se réaffirmer, contre toute évidence, comme le rempart anti-islamiste qu'il a jusqu'ici fait semblant d'être.
Un incident frontalier de grande ampleur au Cashemire pourrait l'aider, mais les récents transferts de troupes évoqués dans le billet précédent, sans exclure cette provocation, rendraient délicate cette stratégie.
Il peut durcir le régime en lâchant les brides à l'ISI et à certains groupuscules, ou en décrétant la loi martiale (la police est en effet de plus en plus réticente). Ceci nécessiterait cependant une purge délicate au sein de l'Etat-Major. De plus, cette fuite en avant ne trouverait guère de soutien, même en .

Pervez Mussarraf recule
Soit il se cantonne au rôle de chef de l', mais alors ce serait une reculade humiliante. Ses pairs ne sauraient tolérer de passer pour des pantins de second choix et il faudra peu de temps pour qu'un conseil d'officiers supérieurs ne l'évince.
Soit il abandonne carrément les rênes du Pouvoir. Cette dernière option implique que des messages très persuasifs (sur sa vie, celle de sa famille ou sur le gel de ses avoirs à l'étranger) lui parviennent.
Dans l'un et l'autre cas, il lui faudrait mettre en avant la démocrate de service, qui ne devrait pas être capable de rassurer tout le monde, malgré ses atouts apparents.
La fille du Président Buttho pendu n'a pourtant pas que des ennemis chez les Islamistes, puisque c'est sous son premier gouvernement que le a accordé refuge, assistance et logistique aux mouvements qui combattaient le pouvoir Afghan.
Elle est très télégénique et les masses Occidentales (pas les gouvernements), séduits par son courage et la qualité de son expression en langue anglaise, seraient persuadés d'avoir en elle l'alliée que Musharraf n'est plus en mesure de représenter.
Pourtant, il faudra peu de temps pour que se liguent contre elle aussi bien les anciens bénéficiaires du système Musharraf, que les vrais démocrates dont les partis se seront vus complètement ignorés (même si elle s'allie avec le parti de Sharif).
Sans même parler des Islamistes rétrogrades ou que les néo-. Même si Ben Laden a mis à prix la tête de Musharraf, il exigera d'avoir les mains libres dans l'Ouest du pays.
De nouvelles élections générales pourraient être organisées mais leur préparation prendrait du temps, un tems qui ressemblerait beaucoup à une veillée d'armes.

Enfin, il y a les options-catastrophes.
Un conflit au sein de l' est possible tant les différences de traitements, d'origines et de préférences sociales et politiques sont grandes
entre

  • les différents Corps d'
  • les officiers généraux et les officiers supérieurs
  • les jeunes officiers et les anciens
  • les troupes d'élite et les soldats de base

Un conflit armé entre les militaires et l'ISI, soutenu par les Islamistes.

Une insurrection Pashtoune, toujours en veilleuse.
Que le demeure ou non en première page des journaux, il restera au premier rang des préoccupations dune bonne vingtaine de chefs d'Etat.
Dans la politique-fiction, on peut aussi imaginer que ceux qui souhaitent attaquer l' proposent à Musharraf de le sauver s'il crée un incident-frontalier majeur avec Téhéran, en l'assurant qu'il aurait le soutien des Sunnites (ce qui est faux, car l' et les Emirats ont  déjà clairement signalé leur souci de retour au calme), des Israeliens (ce que ne semble pas opportun au moment où la non-conférence sue la paix au Moyen-Orient est censée se tenir), ou d'une partie extrêmiste actuellement proche du Président Bush.

Si des lecteurs ont d'autres scenarii-catastrophes ou happy-ending, qu'ils le disent!;-)

 Un tiens veut dire que trois tu l'auras (2ème partie)

des élections qui n'engagent pas l'élu


Ne pouvant pas s'allier ouvertement avec les Islamistes, le Musharraf nouveau doit absolument repeindre la façade.
Il a donc annoncé devant les micros du monde entier que les élections se tiendraient au plus tard le 15 Février 2008. Non seulement leur résultat ne fait aucun doute, mais le gagnant déjà désigné n'est légitimement pas éligible.
Après avoir (illégalement) révoqué la Cour Suprème, le général-président a tenté d'en reformer une. Au jour d'aujourd'hui seuls cinq juges (sur les 17 nécessaires) ont prêté serment.

La société civile dans son ensemble rejette le coup de Musharraf pour des raisons politiques, bien sûr, mais aussi économiques. Alors que le pays semblait enfin redécoller, et malgré les nombreuses attributions de postes-clefs donnés à des généraux dans les grandes entreprises d'etat ou dans l'Administration, les entrepreneurs espéraient pouvoir appliquer au certaines des recettes ayant bénéficié au grand voisin, l', ainsi qu'au vieil allié, la .
L'instabilité soudainement créée par la révélation brutale que Musharraf s'allierait au diable pour sauvegarder sa situation personnelle n'incite guère les investisseurs à s'engager.
Les professions libérales, l'immense partie de la population tournée vers la modernisation du pays et effrayée par la montée de l'islamisme rétrograde venant de l'Ouest, de plus en plus déçus par l'attitude des Etats-Unis attendent maintenant que quelqu'un règle son compte au dictateur+, devenu infréquentable.
Un général peut-il en cacher un autre?
La troupe
Pendant que l'Etat-Major envoie vers le Waziristan et les autres régions talibanes plusieurs dizaines de milliers de soldats aguerris précedemment postés au Cachemire, la tentation sera grande pour faire un petit arrêt à Islamabad.
Il faudra de toutes manières faire le ménage dans les rangs, une part considérable des troupes étant dorénavant plus portée au refus de combattre l'Islamisme qu'à suivre les instructions de , ce que le Musharraf ancien parvenait à dissimuler.
Or, la fragilité évidente du change la donne dans les pays alentour, et la perspective d'une puissance atomique ingérable ou susceptible de tomber dans les mains d'un radicalisme Sunnite entraîne une réaction immédiate:

Les voisins
L' Chiite n'a plus aucune raison de ne pas chercher à transformer aussi vite que possible son projet de nucléaire civil en nucléaire militaire. Cette nouvelle urgence de Téhéran accroitra la crispation d'.
Tel-Aviv, justement, verra dans ce changement d'Islamabad la possible naissance d'un fait nouveau: pour la première fois, le pourrait , en quittant la sphère Américaine, se transformer en une puissance adverse d'une taille et d'un niveau militaire hors de commun avec ses habituels ennemis Arabes. ne pourrait pas, de plus, envisager une alliance avec un adversaire nucléaire contre l'autre.
L' deviendrait evidemment un piège mortel pour les troupes de l'ISAF, autrement dit de l' et de : soit il leur faudrait monter en puissance, ce que ne veulent pas les Européens (en dehors des Anglais qui jusqu'ici sont les seuls à manifester leur compréhension de l'enjeu capital que représente ce pays) et intervenir directement dans les provinces de l'Ouest où se réfugient et autres , soit il faudrait plier bagage.

Dans une telle optique on peut supposer que la proposerait une alliance aux Occidentaux, ou un appui séparatiste aux Ouzbeks et aux Tadjiks; cette deuxième alternative serait potentiellement grave.
Mais à la réflexion, les autres options aussi.

L', bien sûr, s'inquiète de ce nouveau développement. Alors qu'elle avait réussi avec Musharraf à établir des échanges constructifs, une radicalisation pakistanaise entraînerait automatiquement un raidissement que l'instabilité des derniers jours a déjà entamée, l' Indienne et son aviation ayant modifié l'emplacement de quelques unités d'action rapide. La ratification du traité de coopération nucléaire avec les tomberait d'elle-même à l'eau.
La par contre, tout en restant attentive, ne peut que se réjouir de ce surcroît d'inquiétude de la part de New-Delhi, ainsi que de l'impuissance aggravée de son principal rival, . Pour autant, ses difficultés avec la communauté Ouigoure ne pourraient que prendre de l'importance si le pouvoir d'Islamabad tombait entre les mains d'un expansionniste de l'Islam radical.

Nous suivrons le reste de ce dossier dans un troisième billet

 Un tiens veut dire que trois tu l'auras (1ère partie)

comment un Pakistan extremiste radicalisera ses voisins

La presse et l'Administration américaine portent enfin leur regard sur la redoutable instabilité mondiale à laquelle une radicalisation du pourrait conduire. Ils s'inquiètent de voir le nucléaire militaire de ce pays tomber aux mains d'un Islamiste hystérique. Pourtant, comme ce danger n'est pas nouveau, il conviendrait de démontrer encore une fois que la vraie menace:

  • n'a pas la forme que le consensus nouveau lui donne.
  • ne suivra pas le déroulement (bombardement d' et de la flotte US) qu'on lui prédit
  • n'efface pas d'un seul coup l'existence des sujets de crainte qui précédaient
  • entraîne la création immédiate de nouvelles sources conflictuelles majeures.

Tout d'abord, pas besoin d'un extrêmiste Islamiste au pouvoir à Téhéran pour que le menace la paix mondiale: le Musharraf d'aujourd'hui suffit largement. Acculé par la certitude que la Cour Suprême invaliderait son election, il n'a pas hésité à tomber le masque afin de sauvegarder sa position personnelle.
Cette fuite en avant ruine la vitrine pseudo-démocratique et anti-Islamiste précédente. Elle accentue l'impression d'un autocratisme peu en rapport avec la tradition locale, qui veut une certaine distribution des richesses au sein de l'élite.
Le général-président commet l'erreur de rendre la position de ses pairs au sein de l' intenable: cela fait quelques semaines que des généraux, furieux de voir que leurs troupes se couchent (littéralement) devant les Islamistes dans les régions de l'Ouest, ont dû subir l'humiliation de recourir à des groupes paramilitaires pour tirer sur les locaux et leurs amis Afghans et Arabes.
Pour ceux qui connaissent un peu l'institution Pakistanaise, l'orgueilleux corps des officiers est anxieux de n'être à aucun moment assimilé à leurs collègues de la région: ils se réclament d'une excellence toute Britannique, et être supplantés dans leur propre pays est une pilule dure à avaler.
D'autre part, habitués à recevoir mille et un cadeaux matériels de la part de Musharraf, ils craignent soudain de tout perdre, conscients que l' est en perte de crédit, que son chef est moins populaire que Ben Laden et que les pourraient opérer eux-mêmes une purge au sein de l'Etat-Major, dans la mesure où le général Khalid Kidway, le chef du Strategic Plans Division (en charge de l'arsenal nucléaire), est un homme à eux et où les troupes qui assurent sa sécurité, quasi autonomes par rapport au reste de l' Pakistanaise, lui sont dévouées.

Par ailleurs, cette prise de pouvoir intervient au moment même où les Forces Spéciales US s'apprêtaient à mettre sur place un programme d'entraînement et d'armement spécifique contre les tribus et les membres d': que Musharraf ait accepté -même officieusement- l'installation opérationnelle de troupes étrangères sur le sol national passait mal.

Même la grande tragédienne Benazir Bhutto commence à être gênée: bien qu'elle conserve une grande capacité à mobiliser les masses et soit prête à avaler des serpents à lunettes pour redevenir Premier Ministre, Musharraf ne lui semble plus si présentable.

Pour l'ISI (services secrets), le temps d'une fuite en avant à découvert en faveur des est par trop prématurée.

Voilà pour la situation intérieure et les raisons qui pourraient amener l'Etat-Major à bouger. Celà,  que le second de Musharraf , le général Kiani, accepte ou non de prendre la place de son ami.

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